ADN Movie
Contexte
Tous les vendredis soir, même rituel avec mes amis : on se retrouve pour regarder un film. Et toutes les semaine, même impasse. Des heures à débattre, personne ne tranche.
J'ai commencé par construire le strict minimum : un système de sessions et d'invitations, pour qu'on puisse proposer des films, voter, et passer à autre chose. Le problème de coordination était réglé.
Puis ça a dégénéré.
Une fois qu'on notait les films ensemble, les données s'accumulaient. Il devenait possible de voir pourquoi on n'était jamais d'accord. De là est né le système d'analyse à 8 critères, puis le radar ADN, puis les profils, les badges, les cartes de partage...
ADN Movie est parti d'un problème de logistique entre amis. Il est devenu une tentative de répondre à une question un peu plus grande : est-ce qu'on peut rendre visible ce qu'on ressent face à un film ?
Mais surtout, et c'est le plus important : ce sont nos émotions qui nous guident devant un film, pourquoi ne pas se baser la dessus pour conseiller les gens ?
Problématique
Les plateformes existantes réduisent le cinéma à une note sur 5. Un chiffre qui ne dit rien de pourquoi un film a fonctionné, ni de ce qu'il dit sur celui qui l'a regardé.
Le double défi était de convaincre l'utilisateur de noter un film sur 8 axes sans que ça devienne une corvée, et de restituer cette masse de données sous une forme lisible d'un coup d'oeil, même pour quelqu'un qui découvre l'appli.
Ce que j'ai fait
Réduire la friction de notation
Les 8 critères sont des sliders avec des libellés opposés à chaque extrémité. Mais 8 critères c'était une montage pour les utilisateurs, j'ai donc réduis à 3 sliders parmis les 8. Chaque critère a d'autant plus d'impact.
La carte de partage
Les données ADN sont exportables en carte visuelle. L'idée était de transformer un profil de données en quelque chose que l'utilisateur aurait envie de partager. Une identité cinématographique, pas un relevé de notes.
Les sessions
Le système de rooms permet à un groupe de proposer et voter pour des films ensemble. La page de session expose les votes en temps réel, avec un ADN agrégé du groupe pour voir les convergences.
Bonne idée, le lore c'est un vrai parti pris UX, ça mérite d'être mentionné.
Un peu de lore
Dès le début j'avais envie que l'appli ne soit pas juste fonctionnelle. ADN Movie se présente comme un système d'analyse pseudo-scientifique : les utilisateurs sont des "opérateurs", leurs profils sont des "séquences ADN", les badges ont des descriptions écrites comme des rapports de laboratoire.
C'est un choix de ton autant qu'un choix de design. Le lore crée une cohérence narrative qui rend l'interface plus mémorable, et il laisse de la place à quelques easter eggs. Les avatars cliquables ont une chance sur vingt-quatre de rediriger vers une page "anomalie" au lieu du profil. Rien d'utile, juste un petit moment de surprise pour ceux qui explorent.
L'idée derrière c'est qu'un produit qu'on utilise entre amis peut se permettre une personnalité, pas au détriment de l'utilisabilité, mais en complément.
Bilan
Ce projet m'a forcé à réconcilier deux rôles que je n'avais jamais autant mélangés : penser l'expérience et l'implémenter. Chaque décision d'interface avait un coût technique immédiat. Ça rend les arbitrages beaucoup plus honnêtes.
J'ai aussi compris que la donnée ne suffit pas. Ce qui engage les gens, c'est le sentiment que l'application les révèle plutôt qu'elle les mesure.
